L’île d’Esmée

Mes petits,

 

Pour mon premier récit j’ai pensé qu’il vous ferait plaisir d’en apprendre un peu plus sur ce lieu si merveilleux qu’est mon île. Bien sur, vous le connaissez car c’est là que la lune de miel de Bella et Edward s’est passée. Mais avant tout, il est à mes yeux un espace de recueil. Mon havre de paix. Là où j’aime m’isoler quand parfois la vie autour me semble insurmontable. Et oui même les vampires ont parfois besoin de souffler et moi dans c’est cas là et bien … j’ai la chance d’avoir mon île.

 

 

Carlisle et moi avons découvert cette l’île lors d’une escapade amoureuse que nous avons fait il y n’y a pas si longtemps que ça.
Vous savez, j’ai beau ne pas être humaine, certaines choses de cette période de mon existence sont encore présentes. La mélancolie fait partie de ces restes. C’est l’une des caractéristiques de votre espèce qui me revient le plus souvent.

Parfois, des pensées noires envahissent mon esprit. Dans ces moments-là, je n’ai qu’une envie c’est fuir. Partir loin pour oublier l’espace d’un temps … Comme vous, à un niveau différent je présume.
Dans mon cas j’ai quand même une chance inouïe, que n’ont pas forcément toutes les femmes, c’est un mari attentif et à l’écoute de mes besoins. Il vit ces mauvais passages avec moi et m’aide à les surmonter.
C’est ainsi que lors de l’une de ces périodes, pour changer un peu Carlsile, qui s’était pris de passion pour la mer à cette époque, me proposa, d’au lieu d’une course à travers les bois, un peu de repos sur les eaux. Je mentirai si je ne disais ne pas être attiré par cela moi aussi.

Nous voilà donc partie à la recherche du voilier idéal.

Une dizaine de jours après, nous larguions les amarres et nous partions à l’aventure le long des côtes.
Quel bonheur ce fut là. C’était un changement radical, mais dans le bon sens du terme.
Se laisser bercer au gré des vagues et n’avoir pour seule vision que l’horizon.
Malgré toute la force dont nous a dotés la nature, croyez-moi, rien ne vous fait sentir plus petit que l’océan.
Nous profitions chaque soir du coucher de soleil qui tombait sur les eaux. Parfois les dauphins nous accompagnaient et nous offraient un spectacle hors du commun. À croire que nous n’étions pas des prédateurs pour eux.
Puis, quand le besoin s’en faisait sentir, nous jetions l’ancre près de la terre pour aller chasser et nous revigorer un peu.
Après ça nous repartions. Nous flânions au bon vouloir des vents. Et ainsi de suite jusqu’au jour où …

 

Jusqu’au jour où un petit bout de terre nous apparut au loin. Une île pour être précis. Elle ne payait pas de mine à voir comme ça, mais en arrivant dessus je ne saurai dire pourquoi, je m’y sentais bien. Vivante …
Tout ici semblait démesurément beau.

Les couleurs … Du pastel du ciel au turquoise de la mer. Du jaune du soleil à l’or des grains de sable. La féérie des fleurs, semblable à un arc en ciel.

Les odeurs … pures et vierges de toute manipulations humaines. Des éclats d’odeurs que je n’avais jamais senties auparavant.

Les bruits … la nature sauvage et ses petits animaux qui vont et viennent à leur guise. Les vagues qui se retirent pour s’échouer de plus belle sur le rivage.

Si le paradis existe, j’étais sur de l’avoir trouvé. Et dans tous les cas, il est aujourd’hui mon paradis à moi.

Je me souviens parfaitement de notre première journée sur l’île. J’ai eu le sentiment de retomber en enfance. Tout ce qui me rendait maussade n’existait plus. Je n’étais plus une adulte, j’étais une petite fille qui découvrait le monde. Je n’étais pas un vampire, j’étais une petite chose déambulant parmi les merveilles de la nature.

Mon premier geste en arrivant fût de m’allonger sur le sable. Cela peut vous sembler rien, mais depuis ma transformation, je n’avais plus eu le droit de voir le soleil comme je pouvais le voir maintenant. Ma vie n’était faite que de brume et de nuage.
Mais ici, à l’abri de tous les regards, je pouvais enfin me laisser aller. Faire tout ce qui me manquait depuis si longtemps.
Et m’installer sur le sable chaud pour sentir le soleil me réchauffer la peau … autant le dire oui ça m’a manqué. L’instant était parfait.

 

Mon esprit s’étant envolé à des années-lumières, ce fut une brise légère qui me fit revenir sur terre.
Carlisle lui avait été patient à mes côtés, me fixant sans vergogne de ce regard si intense. Ce regard qui me rend femme. Ce regard qui me rend belle …
Mes petits, vous êtes bien trop jeune pour connaître la suite des choses qui se sont passés après notre arrivée sur l’île, alors je vais passer les détails de ce moment.
Néanmoins, je crois être en mesure de pouvoir vous dire que de toute ma vie, humaine et vampire, je n’ai jamais rien vécu de plus beau, de plus incroyable et de plus romantique que ce jour là.
Il n’y avait rien d’autre que nous, la nature qui nous entourait et l’amour qui nous transportait. Je donnerai beaucoup pour revivre cet instant.

 

Le temps à passer … les heures … les jours … puis les semaines … nous vivions d’amour et d’eau fraîche pour reprendre l’expression. Nous avions construit un petit quai pour y amarrer notre voilier, et une petite cabane de fortune pour y loger.
Nous allions et venions d’un bout à l’autre de l’île. Chaque jour nous découvrions des petits détails qui nous avaient échappé la veille. Et comme pour nous remercier de notre visite, chaque jour elle nous offrait une nouvelle beauté pour les yeux. Je crois, sincèrement, n’avoir jamais vu le même coucher de soleil deux fois le même soir. Il y avait toujours quelque chose de différent selon les jours. Le rose plus parme un soir, plus foncé l’autre … la mer tantôt turquoise tantôt plus verte …
Nous n’avions pas le temps de nous ennuyer ça c’est sur.

Mais un jour la nature nous rappela que nous ne sommes pas invincibles malgré tout. Et malgré le bonheur d’être ici, la soif nous dévorait un peu plus chaque jour.
C’est avec le cœur lourd, mais la tête pleine de souvenirs que nous avons pris le chemin du retour.
Bien sûr je n’en avais pas la moindre envie, mais quelque part, au fond de moi, je savais que toutes les bonnes choses avaient une fin et que partir, surtout dans ce cas-là, signifiait aussi mieux revenir. Du moins en cet instant je l’espérais.

 

Je ne connais pas les détails de l’histoire, et en réalité je ne veux pas les savoir, je veux que cet endroit garde sa magie. Savoir comment Carlisle a réussi à acquérir l’île, pensez ce que vous voulez mais pour moi cela la rendrait moins féérique. Toujours est-il qu’un beau jour, peut-être une dizaine après notre retour, une enveloppe m’attendait sur notre lit.

Il y avait à l’intérieur rien de moins que les papiers de propriété. L’île mystérieuse était à présent mon île. Je pouvais en toute légalité profiter de ce lieu. Y aller quand je le voulais. Y vivre si cela me le disait …

Il était désormais mon havre de paix.

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3 réponses à “L’île d’Esmée

  1. Coucou,

    J’adore ton article Esmée !
    C’est très gentille à toi de nous faire découvrir un peu de ton histoire et je trouve que cette article est un don du ciel !

    A bientôt,

    Patmol 🙂

  2. Et bien Patmol ton commentaire me va droit au coeur et je suis très heureuse que tu ai apprécié entendre (bien que lire soit plus approprié) cette histoire.
    J’espère qu’ilo en sera de même pour les prochains que je posterai.
    En attendant prend bien soin de toi.
    Esmée.

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