Les Chroniques d’Emmett Cullen 3

 

Les Chroniques d’Emmett Cullen
Carlisle

 Je rejoignis Jasper qui se mit à rire. Entonné, je l’interrogeai sur le pourquoi de son hilarité:

– « Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai un chien de prairie entre les dents? » Il me regarda, rit de plus belle et fixa le bois dans mon dos.
– « Non pas du tout, mais comprends moi! A chaque fois que tu reviens tu sens l’ours comme pas possible et tu es «  habité » … par un instinct paternel qui sur toi ne peut que faire sourire! Te connaissant, j’ai très vite compris ce qui t’occupait tant! Mais je dois dire que j’ai bien envie de le remercier. Il te donne un petit coté sérieux très agréable, mais ne le reste pas trop non plus, ce n’est pas ce que je préfère chez toi, mon frère! »  Il me prit par le cou et se mis à rire. Sachant que je pouvais lui faire confiance je ne cherchai pas à lui mentir.

 Plusieurs jours passèrent sans que je ne retrouve Lune de Miel. Étant déjà parti des jours entiers, je ne m’inquiétai pas. Après tout c’était un animal sauvage, pas un ours en peluche. Il était dans sa nature d’aimer la liberté. Même si je le pensais un peu jeune pour parcourir la forêt comme bon lui semblait. De toute évidence cette boule de poils avait bien plus changé le grand gamin que j’étais que je ne me l’imaginais. Je me demandais comment Carlisle avait bien pu nous supporter aussi facilement, surtout moi étant nouveau né! Je me rappelai de tous ce que j’avais pu leur faire endurer, entre mes fugues et mon refus du régime végétarien. Ma famille avait eu bien du courage pour me supporter la première année!

 Je décidai d’aller rendre une petite visite à mon père. Je ne prétendais pas pouvoir comparer ce que je vivais avec un ourson têtu et ce qu’il avait vécu avec moi, mais j’aimais parler avec lui ou plutôt écouter ce qu’il avait à dire. De nous tous, il était le plus sage! Chose des plus normales avec ce que sa seconde vie lui avait fait vivre. Plus qu’un simple chef de famille il constituait pour moi un modèle. Un exemple à suivre! (je n’ai pas dit que j’arriverai à son niveau tout de suite non plus!)

Je frappai à la porte de son bureau. Ne sachant pas encore ce que je venais y chercher mais sachant que je repartirais de cette pièce avec, si ce n’est une réponse, mais sûrement quelques doutes en moins.

– «  Tu peux entrer Emmett! » J’entrai dans le bureau et observai les nombreux tableaux accrochés aux murs. Malgré le nombre impressionnant de souvenirs couchés sur toiles, l’image que je préférais restait une simple photo prise sur le vif par Alice lors d’une soirée ordinaire. La seule image montrant pour moi le vrai visage de cette famille. Esmée et Edward jouant aux échecs, Jasper assis par terre, entouré d’une quantité impressionnante de livres ouverts, Rosalie la télécommande à la main commentant les moindres détails d’un défilé de mode à la télé, moi allongé sur le sofa la tête sur ses cuisses commentant également mais à ma façon, et pour finir Carlisle tranquillement assis, nous observant. C’est ce que j’admirais le plus chez lui, son calme et sa confiance.

Quoi que nous fassions, son soutien était présent. Tel un parfait père qui ne connaissait pas le besoin de reproche? On pourrait se demander comment il faisait pour gérer aussi facilement les choses. Mais je ne pensais pas que cela soit aussi facile qu’il y paraissait.

Je ne comparais pas l’attachement entre Lune de Miel et moi à ce qu’il pouvait ressentir pour nous. Mais lui seul serait à même de comprendre ou au moins de répondre à certaines questions. Il me fixa attendant patiemment que je sorte de mes pensées:

– « Tu voulais me parler d’un sujet en particulier? Ou juste parler? »
– «  Non, non rien! Juste parler, de choses et d’autres! Un peu de ci, un peu de ça … un peu du reste! Enfin une conversation habituelle quoi! » Je m’installai dans le fauteuil près de la fenêtre et mon père s’installa à son bureau attendant que je reprenne la parole. Il me connaissait bien et savait que je désirais parler avec lui d’un sujet bien précis malgré mes dires. Mon regard se perdit dans les détails de la tapisserie du passé racontant son histoire à travers les âges. Le personnage le représentant était toujours celui que je trouvais en dernier. M’attachant à son image actuelle et l’associant avec difficulté à chose qu’un visage paternel. 
– «  Est-ce que ça a été facile pour toi de nous accepter? Du jour au lendemain, toi qui avais été seul, tu as eu deux fils, une fille ainsi qu’une femme. Pour finir par être père d’une famille de cinq enfants! Nous vois-tu vraiment comme tes enfants, comme ta famille? Toi et Esmée avez cette capacité à accepter si facilement les autres! Chose qui est plutôt rare chez nous! »

Il se leva doucement de son bureau et s’avança. Arrivé à la fenêtre il regarda quelques instants le paysage avant de prendre une inspiration:

– «  Vois-tu la photo de nous prise par Alice? Elle est la réponse à ta question. Nous pouvons regretter à un moment ou à un autre notre condition de vampire, ou bien nous pouvons y trouvez un avantage. Pour certains, cette vie ne révèle que de bons cotés! » Il me tapota l’épaule en souriant
– «  Pour d’autres ce que la vie a refuser de nous donner? Moi j’ai trouvé en chacun de vous quelque chose que l’on m’a refusé étant humain. J’ai trouvé en Edward le fils que je n’aurais jamais eu. Esmée, la femme qui aurait comblé l’humain que j’étais et qui rend fou de bonheur le vampire que je suis. Rosalie est pour moi la fille dont tout père serait fier que se soit par sa beauté que par son caractère si … affirmé! Toi mon fils tu es celui qui me fait rire quoi qu’il nous arrive et qui me fait croire que même un vampire peux choisir la voie de sa seconde vie. Alice… chère Alice, est et restera la fille qui me fait voir le bon en chacun d’entre nous et Jasper est ce fils qui ne peut que rendre fier de lui un père tel que moi quand je vois tous les efforts qu’il fait pour suivre une ligne de conduite si ardue! »
– «  Pour toi, chacun d’entre nous a sa place dans notre famille reconstituée alors? »
Il me fit lever et passa son bras autour de mes épaules. Étant plus grand que lui je me penchai pour lui faciliter la tâche. Je compris alors ce qu’il regardait par la fenêtre depuis le début de notre conversation. M’apparue alors sous les yeux les membres de ma famille rigolant ensemble. Je pus voir dans le regard de mon père l’attachement qu’il leur portait. Et je compris alors ce qu’il voulait dire. Je me surpris à ressentir quelque chose de similaire.

En bas je ne vis pas uniquement la femme qui jouait le rôle de ma mère. Mais celle qui avait patienté des jours entiers à attendre mon retour pendant mes fugues de jeunesse. La petite sœur avec laquel je pouvais passer des heures à rire sans voir le temps passer. Mais aussi le frère toujours présent pour m’accompagner dans chacune de mes chasses rire et qui m’avait donné tout ce qu’il avait appris avant moi mais que je considérais comme un petit frère.

Carlisle resta un long moment à regarder par la fenêtre avant de reprendre:

– « Malgré les choix que j’ai dû faire, et la responsabilité que j’endossais en vous transformant, je ne regrette la présente d’aucun d’entre vous dans ma famille! »
Il resserra ses doigts sur mon épaule et continua :
– «  Comme tu le sais, au début de mon existence j’étais seul. Mais même en tant que vampire la solitude est un lourd fardeau à porter. Que je le veille ou non ce poids était présent quoi que je fasse. Alors peut être ai-je agit par pur égoïsme ? Ou  peut-être est-ce par peur d’une éternité de solitude que j’ai transformé Edward ? Sa vie n’était déjà plus et la mienne était déjà si longue. Encore aujourd’hui il m’arrive de me demander si vous transformer était vous rendre service. Pour la plupart … pour tous en fait, la mort était déjà si présente. Mais tu sais, quand je nous vois tous ensembles, j’ai l’illusion d’une famille normale. Je me dis que quelque part vous aussi êtes heureux de cette vie. Je sais que cela peut paraître lâche de ma part de préférer vous voir ainsi. »
– «  Alors, en gros, ta famille parfaite est faite d’une femme, incarnation de la mère parfaite, et d’une flopée d’enfants avec des personnalités plus particulières les unes que les autres? C’est pour avoir ce que la vie t’avait arraché que tu as eu tant de volonté à nous rassembler? »
– «  On pourrait croire que j’ai cherché à construire tout ce qui m’entoure. Pourtant je n’ai choisi la place d’aucun d’entre vous. C’est vous qui avez construit ce que je peux nommer « ma famille ». Je n’ai obligé aucun de vous à rester parmi nous ou à me voir comme un père. De même qu’aucun de vous ne me force à  le voir comme mon enfant. Je vous ai transmis tout ce que je sais parce que cela me semblait normal. Comme toi tu transmettrais à quelqu’un qui demanderait ton aide et qui verrait en toi un soutien, non? Je me rachetais bien auprès des humains en les soignant, ne devais-je pas en faire autant avec vous ? »

Notre discussion se poursuivit pendant de longues heures, laissant le sérieux du pourquoi de notre existence pour passer à des sujets plus légers. Quand je sortis de son bureau la maison grouillait de vie. A l’étage inférieur je pus entendre le reste de la famille discuter entre eux. Carliste les rejoins pendant que je restai sur le palier de l’étage. Devant moi s’étendait le couloir menant aux chambres de chacun. Portes ouvertes sur autant de mondes différents, La sobriété d’Edward côtoyait le raffinement d’Esmée. Raffinement d’autant plus calme à côté de la profusion de couleurs vives de l’univers d’Alice. Voire Jasper dans cet arc-en-ciel de couleurs me procurait toujours des pointes d’hilarité!

 Seule la chambre de Rosalie et moi était fermée. Chose assez rare quand je n’y étais pas avec elle. Je me dirigeai vers la porte close, malheureusement tout vampire que je sois, je n’ai pas la légèreté d’Alice. Le plancher du couloir laissa échapper un grincement. Arrivé face à la porte, j’y posai la main, sentant les nervures du bois sous mes doigts. Les vibrations infimes d’une musique étouffée se diffusèrent dans ma main. Je tendis l’oreille pour percevoir un signe de présence mais mises à part les notes de musiques et le vent s’engouffrant dans la pièce, rien. 

 

 

 
A suivre …
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